« L’idée est de donner des impulsions positives, pas d’être moralisateurs »

Fête de la nature Du 18 au 28 mai,la Fête de la Nature propose 300 activités et ateliers gratuits près de chez soi, dans tous les cantons romands. Éclairage avec Lise Ruchonnet, coordinatrice romande, et zoom sur les activités dans notre région.
Née à la campagne, Élise Ruchonnet, coordinatrice romande de la Fête de la Nature, est sensible à tous les aspects de la protection de l’environnement. Photo : Y. André
Participer à la revitalisation d’un étang, s’éveiller avec les oiseaux, se balader avec un sourcier, découvrir les arbres et la diversité végétale en ville… La Fête de la Nature est l’occasion d’explorer, en compagnie de guides passionnés, les richesses de notre environnement si proche et parfois si méconnu! Pour sa 12e édition en Suisse romande, cet événement né en France en 2007 se déclinera sur le thème «Eau Secours!».

Une fête de la nature,à quoi ça sert ?

– À fédérer, le temps de quelques jours, une multitude d’acteurs du domaine de l’environnement et de la nature, et les faire se rencontrer avec le grand public pour partager des connaissances. L’idée est vraiment de donner des impulsions positives, pas d’être moralisateurs, et de faire en sorte que les gens repartent avec un petit bagage en plus!

« Eau secours ! »,c’est quand mêmeun cri d’alarme ?

– L’environnement et le climat sont des thèmes qui nous préoccupent tous. Mais «Eau secours!» est à voir un peu sous deux angles. D’une part en lien avec ce contexte et l’été caniculaire de l’année dernière, où il y a clairement eu du stress hydrique un peu partout. D’autre part de manière positive, dans le sens où l’eau peut aussi venir au secours de la nature, de la vie. Cette fête a été importée en Suisse en 2011.

Comment les choses ont évolué depuis ?

– Chaque année, de plus en plus d’organisateurs rejoignent l’événement, dont beaucoup d’associations de petite taille, par exemple à l’échelle de quartiers. Globalement, j’ai l’impression que les initiatives pour créer du lien aussi entre les gens, pas seulement avec la nature, se multiplient.

Et côté fréquentation ?

– Elle a constamment augmenté jusqu’en 2019, avec 12’000 personnes. Ensuite, il y a eu l’impact des mesures sanitaires liées au Covid, qui n’ont été levées que l’an dernier au mois d’avril, d’où une baisse de moitié ces deux dernières années. Le retour à la normale prend du temps, mais l’engouement est là!

Quel est l’accueil des Communes ?

– Avant le Covid, nous avions constaté que de plus en plus de Communes venaient vers nous. Certaines organisaient déjà de gros événements, comme Orbe. L’an dernier, nous leur avons envoyé une brochure pour les inviter à participer. Plusieurs ont répondu positivement, avec à la clé aussi bien des éditions en petit qu’en grand format sur plusieurs jours comme à Renens. De plus en plus d’entre elles se dotent aussi d’un service ou d’une personne responsable de la durabilité. j’ai donc bon espoir que cette fête se développe encore dans les années à venir.

Quel est votre rapport à cette fête, en tant que femme et mère de famille ?

– J’ai beaucoup d’intérêt personnel. J’ai grandi à la campagne, nous avons un jardin, et tous les aspects de protection de l’environnement ont toujours été présents chez nous, dans nos choix de courses, de moyens de transport, de vacances… Et j’ai notamment participé à l’ouverture d’une épicerie qui vend des produits bio, locaux en vrac à Lausanne.

Votre coup de cœur de cette édition ?

– Je me suis inscrite à une activité à Neuchâtel, avec un garde-forestier qui s’occupe de la forêt des hauts de la ville. Il nous y emmènera pendant deux heures pour parler des impacts de la sécheresse et des stratégies à mettre en place, notamment à l’aide d’essences plus résilientes. Un deuxième: à Genève, un tour de ville sur le thème des lichens et de l’impact de la pollution.

Quel avenir idéal verriez-vous pour cette fête ?

– Ce serait vraiment chouette de pouvoir atteindre des publics peu sensibilisés, ou qui n’ont pas forcément l’occasion d’aller dans la nature. Cette fête étant gratuite, il n’y a aucun frein financier, mais il faut trouver comment atteindre ces gens-là. Une piste serait de le faire par les écoles, puisqu’elles rassemblent de enfants de tous milieux. L’idée est aussi de se faire connaître davantage, car comme on est un événement dispersé, sans ancrage géographique unique, on nous confond avec d’autres manifestations en lien avec la nature.

Palette d’activités à Vevey

La Ville d’images participe depuis une dizaine d’années à la Fête de la nature qu’elle célébrera du 19 au samedi 27 mai. Au programme, tout public et gratuit, une fresque participative de la biodiversité, pour comprendre les écosystèmes et leurs enjeux, un atelier de fabrication d’hôtels à insectes, une balade à la découverte de l’arbre et de son environnement, mais encore: un partage de récits autour de l’eau, une activité autour de la permaculture, des mini-spectacles participatifs, des théâtres d’objets et des lectures de kamishibaïs – sorte de théâtre ambulant japonais. https://fetedelanature.ch/programme/search?query=vevey

Première à Montreux, au fil de l’eau

Cette première édition fera la part belle au thème de l’eau, avec tous les jours une balade le long du ruisseau de la Maladaire et, du 22 au 26 mai, une petite exposition à la Plage du Pierrier, intitulée «Le Léman, un milieu si fragile». Trois soirées cinéma sont prévues, avec une série de petits films sur les voyages de l’eau dans nos régions, et un chantier participatif pour contribuer à la revitalisation de l’étang du Crépon. Sur toute la période, la bibliothèque de Montreux-Veytaux proposera une sélection de livres. Quant aux amoureux des arbres, ils pourront découvrir les plus remarquables des quais en visite guidée. https://www.montreux.ch/agenda/agenda-detail/article/fete-de-la-nature

Photo : DR

Marché printanier et plongées en nature

Le 20 mai, La Pépi à Bex organisera un marché «printanier, local et naturel dans un jardin inspiré de la nature sauvage et de la permaculture». Deux visites guidées seront proposées à Monthey, l’une dans le décor féérique des Gorges de la Vièze le 20 mai, l’autre le 27 mai à la découverte des blocs erratiques, vestiges de la dernière période glaciaire. Plusieurs activités dans la région affichent déjà complet, comme le bain de forêt au Mont-Pèlerin et le voyage dans le temps sur la colline de St-Triphon. www.montheytourisme.ch/visites info@lapepi.ch

Photo : C. Voisin

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