Play-off : Fribourg Olympic jette un froid sur le Reposieux

Nicolas Gehrig (ci-dessus) a repris l’entreprise familiale il y a dix ans avec son frère Yann. Leurs produits, comme ici le MAP System, visent surtout à faciliter les traitements de racines. Photo : R. Brousoz
Monthey s’est-il lui-même sabordé dans ce dernier match de la saison ou Olympic a-t-il atteint un niveau si stratosphérique que rien, hormis Massagno, ne pourrait le priver d’un 21e titre, son 5e de rang? Pour le président montheysan Laurent Duchoud le message est cinglant: «Fribourg possède cinq internationaux et cinq étrangers de talent. Quand on voit qu’Arnaud Cotture n’est entré samedi dernier qu’en dixième rotation, tu comprends mieux le fossé qui nous sépare de cette véritable machine à scorer.» Avec plus de 50% de réussite à 3 points et 65% à 2 points, les chiffres de Fribourg lors de cet acte 3 ne souffrent d’aucune discussion. L’analyse du joueur montheysan Brunell Tutonda est limpide: «On n’a pas réussi à stopper leurs tireurs. Les douze joueurs inscrits sur la feuille de match ont marqué des points. Quand le navire Olympic accélère, tu prends l’eau rapidement.» Une jolie métaphore qui illustre le problème insoluble auquel a été confronté cette saison les Sangliers. Le désormais ex-entraîneur du BBC Monthey (voir encadré) tire un bilan laconique de ce quart de finale: «On n’a jamais trouvé la solution, même si nous sommes revenus deux fois au score. En clair, on n’a pas pu régater une nouvelle fois aujourd’hui.» Surtout avec un Lottie à nouveau confronté à ses démons. Individualiste en diable et pour qui le collectif semble bien moins important que briller pour tenter d’atteindre la lumière.

Un BBC Monthey décimé ?

Le BBC Monthey a donc pris la porte. Avec comme seule récompense un quart en play-off. Pas de quoi pavoiser pour une équipe qui, sur le papier, méritait mieux qu’une 7e place en saison régulière: «C’est vrai, après notre bonne entame de championnat, l’objectif était clairement de finir à une ou deux places devant. Cela nous aurait éviter de jouer Fribourg ou Massagno dès ces quarts de finale. Mais notre inconstance et quelques matches perdus alors que nous avions les moyens de les gagner nous ont clairement punis. Le bilan ne peut qu’être mitigé», déplore Laurent Duchoud. Certaines rencontres qui leur ont filé entre les doigts pour quelques points et d’autres où les Jaunes et Verts étaient en avance avant le dernier quart avant de craquer, vous avez le scénario de cette saison en demi-teinte du club valaisan. Et avec le départ de Patrick Pembele, Monthey doit encore trouver la perle rare pour la saison prochaine. Dans l’équipe adverse, le mentor fribourgeois arrêtera de coacher Olympic à la fin de ces play-off. Pourrait-il rebondir dans le Chablais? «Petar Aleksic a joué chez nous entre 2011 et 2013. Il connait la maison et il apprécie la Suisse. Mais au risque de vous décevoir, je pense qu’il est bien trop cher pour nous», s’amuse le président du BBC Monthey, avant de conclure: «Bon si je gagne ou que vous gagnez à l’EuroMillions, nous pourrons entrer en matière (rires). Plus sérieusement, tous nos joueurs sont en fin de contrat. Concernant le nouvel entraîneur, on a des contacts mais rien de signé pour l’instant. Et ce sera bien le prochain coach qui fera l’équipe pour la saison prochaine. Pas moi!»

Pembele pourrait s’expatrier

L’expérience de Patrick Pembele prend fin sur une triple défaite face à l’ogre fribourgeois. Lui, l’enfant de Vevey, né à 50 mètres des Galeries du Rivage méritait de terminer sur une note plus positive après 6 années passées au BBC Monthey. Mais l’homme est ce qu’il est. Avec son sourire charismatique et ses choix assumés. Même s’ils n’ont pas toujours été compris par le bouillant public du Reposieux. «J’ai eu la chance de le côtoyer durant 4 ans. Il est jeune, mais il a beaucoup progressé et s’est toujours remis en question», relève Brunelle Tutonda, l’un de ses leaders. Mais Pembele ne s’est jamais caché derrière ses bésicles. Et il pourrait bien surprendre son monde à l’avenir. Un enfant de la balle orange qui n’oublie pas ses débuts. «J’avais 12 ans et je pratiquais plusieurs sports. Mon entourage jouait au basket alors je m’y suis mis aussi. À 14 ans, Thabo Sefolosha a été drafté et j’ai eu la chance de croiser Karim Remil qui jouait à Vevey et était mon entraîneur en juniors. Ils ont tous les deux joué un rôle important en me donnant envie d’en faire mon métier.» Cette saison, Sefolosha est de retour à Vevey et Remil est coach-assistant en ligue Pro A française, au Fos Provence Basket. Un club qui vient aussi d’être relégué à l’échelon inférieur. Le raccourci est saisissant. Sur son avenir, Patrick Pembele reste évasif. «J’ai quelques contacts avec des clubs, mais le plus sérieux est à l’étranger. La balle est dans mon camp. Je viens d’avoir un petit garçon Isaiah et avec ma douce moitié Julia, on doit réfléchir aux conséquences d’un tel changement.» Un événement qui chamboule le Veveysan. «Cela change ton quotidien du tout au tout. Cela bouscule ton existence. Mais c’est le plus beau cadeau que la vie m’ait offert», explique-t-il après avoir traversé trois années difficiles. Tant au niveau professionnel avec le Covid, et cette dernière saison sur le plan sportif, que sur le plan privé (ndlr: il a perdu un enfant il y a deux ans). «J’ai reçu ces dernières années un soutien incroyable de la part de la communauté du BBC Monthey. Je ne l’oublierai jamais. Le sport permet cela et je dois beaucoup à ce club.» À relever que Patrick Pembele reste pour l’heure encore le coach-assistant de l’équipe de Suisse avec laquelle il disputera cet été les préqualifications en vue de l’EURO 2025.

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