
Nicolas Gehrig (ci-dessus) a repris l’entreprise familiale il y a dix ans avec son frère Yann. Leurs produits, comme ici le MAP System, visent surtout à faciliter les traitements de racines. Photo : R. Brousoz
Nicolas Gehrig (ci-dessus) a repris l’entreprise familiale il y a dix ans avec son frère Yann. Leurs produits, comme ici le MAP System, visent surtout à faciliter les traitements de racines. Photo : R. BrousozC’est un grand bâtiment, cossu et carré comme une molaire, couronné d’une enseigne orange visible loin à la ronde. Trônant derrière la gare de Vevey, le site de l’entreprise Produits Dentaires SA abrite près d’un siècle de succès économique. «La société a été fondée en 1940 par notre grand-père William Gehrig», retrace Nicolas Gehrig, qui a repris les commandes de la firme familiale en 2013 avec son frère Yann.
«Il revendait des instruments pour dentistes importés des Etats-Unis, mais avec l’éclatement de la Deuxième Guerre mondiale, les approvisionnements sont devenus difficiles. C’est alors qu’il a décidé de se lancer dans la production.» Un choix qui s’est révélé judicieux puisqu’aujourd’hui, la PME veveysanne compte une cinquantaine de collaborateurs et exporte ses produits dans une centaine de pays à travers le monde.
«Au départ, il s’agissait d’outils en métal. Puis est arrivée la production chimique, avec la fabrication de liquides et de poudres, qui servent par exemple à reboucher les trous.» Au fil des décennies, «PD Dental» est parvenue à se tisser un vaste réseau de revendeurs, encore solide aujourd’hui. «C’est l’une de nos grandes forces: pouvoir nous appuyer sur ce réseau de distributeurs fidèles.» Autre atout majeur: la caractéristique «swiss made», tout étant fabriqué à Vevey et à St-Imier.
Lorsqu’ils ont repris le flambeau de leur papa Jean-Louis il y a dix ans, Yann et Nicolas ont décidé de «remettre en marche la machine à innover». «L’entreprise vit encore sur une gamme de produits assez ancienne. Ça ne va pas durer éternellement», lâche Nicolas, lucide. Face à une concurrence toujours plus rude, la firme de la Riviera s’est spécialisée dans le domaine ultrapointu de l’endodontie, à savoir les traitements de racines. Un créneau qui représente aujourd’hui 80% de leurs activités.
Désinfecter et reboucher: voilà les deux gestes médicaux sur lesquels se concentre l’entreprise veveysanne. «Notre but est de faciliter ces opérations. D’ailleurs, nous en avons fait notre slogan: smart products for endo lovers», sourit Nicolas Gehrig. «Des produits intelligents pour les amoureux de l’endodontie», en français. Et le quadragénaire de dégainer, en guise d’exemple, un petit objet en plastique qu’il pose sur la table.
C’est un embout transparent, muni d’un fin tuyau à l’extrémité pointue. Cette dernière comporte deux ouvertures latérales, invisibles à l’œil nu. Et pour cause, leur diamètre est de 3/10e de millimètre. «Il s’agit de notre produit-phare, baptisé IrriFlex.» Lancée en 2019, cette canule en plastique se fixe au bout d’une seringue. Plus pratique à manier que les traditionnels embouts en métal. «Grâce à sa flexibilité et à sa conception, elle facilite l’acte de désinfection à l’intérieur de la dent. C’est une vraie révolution dans le domaine», assure-t-il.
Une innovation qui aura mis tout de même près de 10 ans à mûrir, en collaboration avec la Haute École Arc Ingénierie de St-Imier. «Au départ, on nous disait qu’un tel niveau de précision était impossible à atteindre. Et aujourd’hui, nous écoulons entre un et deux millions de pièces par année, relève le Corsalin. Et la marge de progression est considérable, quand on sait que rien qu’en Europe, environ 20 millions de traitements de racines sont effectués chaque année.» Ne reste plus qu’à convaincre des milliers de professionnels de l’importance de ce progrès dans leur pratique quotidienne.
Autre défi de taille: braver la jungle juridique. «Depuis que nous avons repris l’entreprise, de nouvelles réglementations ont été mises en place au niveau de l’Union européenne. Nous devons faire de gros efforts pour nous adapter.» La PME emploie d’ailleurs des experts en la matière, capables de faire face à ces complexités administratives.
Forte d’un chiffre d’affaires annuel de 8 à 10 millions de francs – lequel repose encore principalement sur la fabrication de ciments permettant de reboucher l’intérieur d’une dent – Produits Dentaires SA écoule un tiers de sa production en Europe, un autre tiers au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Le dernier tiers est expédié en Chine, et dans une moindre mesure, en Amérique. «Nous aimerions nous développer davantage outre-Atlantique», souligne Nicolas Gehrig, qui revient d’ailleurs d’un congrès à Chicago. «Nous sommes une petite entreprise veveysanne, à taille humaine, mais active dans le monde entier», résume-t-il tout sourire.
Forte d’un chiffre d’affaires annuel de 8 à 10 millions de francs – lequel repose encore principalement sur la fabrication de ciments permettant de reboucher l’intérieur d’une dent – Produits Dentaires SA écoule un tiers de sa production en Europe, un autre tiers au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Le dernier tiers est expédié en Chine, et dans une moindre mesure, en Amérique. «Nous aimerions nous développer davantage outre-Atlantique», souligne Nicolas Gehrig, qui revient d’ailleurs d’un congrès à Chicago. «Nous sommes une petite entreprise veveysanne, à taille humaine, mais active dans le monde entier», résume-t-il tout sourire.



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